Nous vivons la troisième révolution de l’information

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retrouvez-le en suivant ce lien, qui vous fera partager différents contenus 
générés pour le rapport annuel Capgemini.

 

Comment l’entreprise peut-elle faire face à la complexité du monde et s’insérer dans ce « nouvel espace » ?

Michel Serres Vous parlez de « complexité » : je n’aime pas beaucoup ce mot. Penser, c’est rendre simple le complexe. Le défi, aujourd’hui, c’est moins la complexité que la croissance verticale de la quantité de données. En océanographie, en astrophysique, en biochimie, les banques de données feraient trois fois la distance de la Terre à la Lune si on les gravait sur des DVD. La physique nucléaire génère une masse de données qu’elle ne maîtrise plus. L’un des grands enjeux de la recherche de demain, c’est de connecter des fermes d’ordinateurs gigantesques pour traiter ces données. 
Je ne connais pas un savant qui ne soit pas confronté à ce problème.

Face à ce foisonnement, on peut penser que l’entreprise est appelée à évoluer très rapidement, comme la politique. L’entreprise est bâtie sur la notion de concentration et va devoir s’adapter au mouvement de distribution que l’on voit émerger, et que j’évoquais déjà dans Hermès. Un ami chimiste m’expliquait ainsi que l’on pouvait imaginer que les individus produisent un jour leur propre énergie, grâce à une sorte d’enzyme – par ailleurs non polluant. Les nouvelles technologies sont au cœur de ce mou-vement de distribution, qui va faire exploser toutes les concentrations. À quoi sert un campus, lieu de concentration par excellence (d’étudiants, de pro-fesseurs, de livres), quand tout désor-mais se distribue ? Nous passons du collectif au « connectif ».