L’information en temps réel est devenue le socle de l’économie mondiale
Note : Une lecture thématique de cet entretien est accessible en utilisant l'encadré ci-contre à gauche. Si vous préférez une lecture séquentielle,
retrouvez-le en suivant ce lien, qui vous fera partager différents contenus
générés pour le rapport annuel Capgemini.
Quels ont été les principaux apports des technologies de l’information aux entreprises et aux administrations depuis les années 1960 ?
Michael Spence Les économistes ont toujours eu beaucoup de mal à évaluer les conséquences exactes du développement des technologies de l’information sur les différents agrégats économiques. C’est une réponse paradoxale : les difficultés à les mesurer révèlent la complexité et l’ampleur du phénomène… Néanmoins, nous disposons désormais de données qui nous permettent d’affirmer que ces effets sur le fonctionnement des entreprises et sur l’économie en général sont considérables. Un phénomène qui n’est réellement apparu qu’à la fin des années 1980. Certes, les entreprises disposaient depuis déjà longtemps d’ordinateurs et de bases de données, mais toutes ces ressources étaient isolées. L’informatique se limitait à la comptabilité, aux achats ou à l’automatisation des processus de production. Et soudain, au bout de tâtonnements incessants et une vingtaine d’années après la naissance de son ancêtre Arpanet, on s’est aperçu qu’Internet pouvait marcher.
La généralisation d’Internet à la fin des années 1980 est réellement la première des trois phases de ce bond spectaculaire de la place des technologies de l’information dans les entreprises. En moins d’une décennie, chaque ordinateur dans le monde s’est retrouvé virtuellement connecté à n’importe quel autre, rendant ainsi accessibles des bases de données lointaines. Pour les entreprises, les gains de productivité ont été considérables.
Cette première vague a également ouvert une période fertile en matière d’innovation : entre consultants, industriels de l’informatique et éditeurs de logiciels, l’émulation a été permanente…
